Le 4 septembre 2016, XVIe dimanche après la Pentecôte




Chers amis de la rentrée !


La rentrée a ses rites. Elle a ses habitudes.
Il y a d'abord la rentrée scolaire bien sûr avec son lot de fournitures qui s’amassent sur la table familiale. Au milieu des odeurs de neuf et des cahiers aux grands carreaux immaculés, on étiquette des couleurs chaudes, on relit des livres souple, on reprend sa liste et on s'assure que rien ne manque. Comme la besace de départ du pèlerin ou le sac scout du début de camp, les cartables de nouveau rempli on le mérite au moins de donner le goût à défaut de donner la leçon. Ils ouvrent l'appétit. Au travail !
Gaulois oblige, et année électorale de surcroît, le mois de septembre c'est aussi la rentrée politique. En ordre dispersé bien entendu. On lâche des petites phrases, on sussure de jolies promesses. On soigne sa posture parfois davantage que ses discours. On joue du coude, on tend des mains, on offre des sourires : dans ce florilège de manières et façons d'être, on aurait tort de croire que l'essentiel est spontanée. Les conseillers en communication veillent au grain, ils surveillent leurs candidats et ne font pas l'économie de leurs conseils. Rien n'est laissé au hasard. Aux voix !
Après des vacances agréables, reposantes et décontractes, la rentrée se caractérise enfin par la reprise en main de notre vie spirituelle. Il ne s'agit pas là de chercher ce qui pourrait faire neuf ou d'avoir soif du nouveau. Reprendre notre vie spirituelle par les cornes, c’est retrouver dans l'ancien de quoi faire du neuf. C'est avoir soif de jeunesse ! C'est laisser la place à ce qui marche toujours et qui n'a pas changé depuis l'origine : faire la part belle à une vie de prière, une vie de charité une vie de sacrifice qui se pénètrent l'une à l'autre et se répondent avec grâce. En somme faire sa prière du matin du soir, examiner sa conscience en étant habité par l'amour de Dieu, se confesser une fois par mois, aller à la messe le dimanche, aimer la Sainte Vierge en étreignant son chapelet régulièrement, s’attacher à faire une bonne action quotidienne.
Il n'y a pas de calcul ici. De recette politicienne mijoter par des experts de sondage. C'est l'expérience de l'église et l'exemple des saints qui nous offrent ce mode de conduite pour nos âmes. C'est bien plus qu'une affaire de bon sens, d'abandon et de spontanéité qu'une question d'analyses, de coaching mystique ou de slogans spirituels.
Rentrer de plain-pied dans l'année académique, c'est garder les pieds bien sur terre et conserver sa tête dans les étoiles. C'était enchâsser son âme dans le cœur de Dieu et marcher dans le concret de notre existence.
La rentrée du chrétien ne consiste pas tant à rentrer dans quelque chose qu’à accueillir quelqu'un.
Et ce quelqu'un, c'est Dieu.
                                                                 Votre chapelain