Le 23 octobre 2016, le XXIIIe dimanche après la Pentecôte


Chers amis de ces saints qui ont su vivre leur foi jusqu’au bout !

Dimanche dernier le pape François canonisait à Saint Pierre de Rome sept nouveaux saints dont deux français : la carmélite Elisabeth de la Trinité et le frère des écoles chrétiennes Salomon Leclercq.
La religieuse du carmel de Dijon est plus connue du fait de sa similitude de vie avec sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (carmélites toutes les deux, morte à 24 ans pour la sainte de Lisieux, à 26 ans pour Sainte Elisabeth de le Trinité) et pour ses écrits incandescents (sa prière au Dieu Trinité a été rapidement traduite en plus de cinquante langues !).
Permettez-moi ce matin de vous présenter le moins connu de nos deux nouveaux saints : «Priez Dieu seulement qu’Il m’accorde de faire mon emploi, quel qu’il soit, pour son amour, qu’Il détruise mon orgueil et qu’Il me donne l’humilité, en un mot que je devienne un saint. Oh! que jen suis éloigné!», écrit Saint Salomon le 17 juillet 1788 alors qu’il vient d’être choisi pour remplir une charge importante dans sa congrégation.
En 1790, alors que la Révolution française est engagée, il refuse de prêter serment à la Constitution civile du clergé ! À Paris, il poursuit sa mission dans la clandestinité. Après la chute de la Monarchie le 10 août 1792, la tension monte dans la capitale. De nombreux suspects sont arrêtés. Le Frère Salomon est emprisonné au couvent des Carmes le 15 août. Deux semaines plus tard, le 2 septembre, le couvent est investi par des sans-culottes enragés : c’est le carnage.
Parmi les cent quatre-vingt-onze personnes massacrées et reconnues mortes pour leur foi ce jour-là, les fameux martyrs de septembre, le Frère Salomon sera béatifié par Pie XI le 17 octobre 1926.
Voici son testament spirituel , extrait d’une lettre adressée le 15 août 1792, à sa sœur Marie-Barbe : «Se tenir en l’état où lon voudrait être pour aller paraître devant le Souverain Juge: telle doit être la vie dun chrétien qui a de la foi. Il doit regarder toutes les choses dici-bas, richesses, plaisirs, bonne chère comme de pures vanités, propres à amuser des hommes de chair et de sang et incapables de contenter une âme qui sait qu’elle est faite pour jouir de Dieu et pour en jouir éternellement. Tâchez d’entretenir ces sentiments et ces dispositions dans  vos enfants que j’embrasse avec bien de la tendresse. Si Dieu le permet, j’irai vous joindre et mêler mes larmes avec les vôtres. Mais non! que dis-je, pourquoi pleurer puisque l’Évangile nous engage à nous réjouir quand nous aurons quelque chose à souffrir pour son nom? Souffrons  donc gaiement et avec action de grâce les croix et les afflictions qu’Il nous enverra».
Testament d’une vive acuité pour nos temps présents.
Saint Salomon, priez pour nous !
                                                                   Votre chapelain