Le 6 novembre 2016, XXVe dimanche après la Pentecôte


Chers amis du silence !

 Quoi de mieux que le silence pour favoriser le recueillement, la recherche de Dieu, la méditation ? Au sommet du mont Horeb, le grand prophète Élie n’avait pas trouvé Dieu dans la tempête, ni dans le tremblement de terre, ni dans l’incendie, mais il avait reconnu sa voix dans une brise légère !
Cependant, abreuvé de sons en tout genre, le passage du bruit au silence est toujours un dépaysement, dépaysement indispensable à l'homme pour découvrir l'espace intérieur où Dieu lui a donné rendez-vous. Rentrer en communion avec Dieu, devenir les amis de Jésus, ce n'est pas d'abord poser des gestes ou adopter certaines attitudes vertueuses (être gentil, obéir, pardonner, prier, aller à la messe, etc.). Dieu n'est pas une idée ou un « principe de vie » : Dieu est Quelqu'un. Dieu a soif de nous rencontrer, de nous parler, mais… Son langage, c'est le silence. Si nous sommes incapables de silence, nous ne pourrons jamais L'entendre. Voilà pourquoi l’apprentissage du silence est si capital !
S’éduquer au silence ne consiste certainement pas à transformer nos maisons en couvents et nos proches en mini-moines. A chacun sa vocation et le style de vie correspondant ! Une maison qui résonne de rires, de poèmes et de chansons est sûrement un cadre plus approprié pour l'éducation de la Foi qu'une demeure austère parce que silencieuse. Cependant, l'éducation au silence ne saurait se limiter aux quelques minutes que nous consacrons à la prière quotidienne : c'est un apprentissage qui concerne toute la vie.
Cheminer vers le silence, c'est d’abord apprendre à l'aimer. Tant de gens ont peur du silence et il est si facile, à l'ère des Ipad et du bluetooth de vivre perpétuellement dans le bruit… Hèlas. Pour faire aimer le silence, pas de secret : il nous faut l'aimer nous-même. « Loin des villes et des moyens de communication, l’homme peut se ressourcer et méditer, entendre la voix de Dieu, car l’esprit a aussi ses besoins » expliquait Benoît XVI lors de l’audience générale du 11 août 2011.
Bien entendu, il y a silence et silence : le silence de mort comme entre deux personnes fâchées à l’extrême, le silence des cœurs bouillonnants de paroles non exprimées et ce que l’on pourrait appeler un silence de vie à l’image de ceux qui sont tellement bien accordés qu'ils se comprennent au-delà des mots.
Il ne s'agit donc pas d'imposer le silence mais de se l’approprier, et ce travail passe par la parole et l'écoute mais aussi par tout un climat familial ou social auquel il nous faut prêter attention. Sans nul doute, nous découvrirons alors une somme de bruits inutiles -et même nuisibles !- que nous pourrions bannir sans hésiter : les cris, les portes fermées sans précaution, les clés jetées sur la table au lieu d'être posées, la vaisselle manipulée sans douceur, les escaliers dévalés avec la légèreté d'un éléphant, etc.
Dieu parle au creux du silence, mais il faut savoir l’écouter. Cette écoute passe donc par l'apprentissage du silence. Et l’apprentissage du silence par la maîtrise de soi. A nous de nous prendre en main !
Votre chapelain