4ème dimanche après Pâques, le 29 avril 2018

C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau.
Ne craignons pas de donner trop de place à la Vierge Marie, comme s’il y avait une sorte de concurrence entre Jésus et elle. Quel manque de jugement !

Bien sûr, il ne faut pas tomber dans la mariolâtrie : c’est le Christ qui est au centre de notre foi, pas Marie. Mais n’oublions pas que le Malin est très… malin : pour nous dissuader de vénérer Marie, il nous persuade que nous risquons, ce faisant, de délaisser le Christ. Quel mensonge odieux !

Au contraire, répond saint Louis-Marie Grignion de Montfort, « jamais on n’honore plus Jésus-Christ que lorsqu’on honore la Très Sainte Vierge, puisqu’on ne l’honore qu’afin d’honorer plus parfaitement Jésus-Christ, puisqu’on ne va à elle que comme la voie pour trouver le terme où on va, qui est Jésus » (Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, § 94). Que cela est bien dit !

Honorer Marie, c’est d’abord vivre comme elle : en accomplissant la volonté de Dieu à travers les moindres « oui » de la vie quotidienne. Hormis quelques événements essentiels, nous ne savons presque rien de la vie de Marie, parce que ce fut une vie toute simple, extraordinairement ordinaire. Elle nous apprend que le plus important n’est pas ce qui se voit. Ce qui change le monde, ce ne sont pas des actions spectaculaires, propres à faire la une des réseaux sociaux. Ce qui change le monde, c’est l’adhésion aimante à la volonté de Dieu. Et cela est possible à chacun de nous, quels que soient notre âge et notre état de vie !

Honorer Marie, c’est aussi la prier. Dans la prière mariale de l’Église, deux mouvements alternent habituellement : l’un magnifie le Seigneur pour les merveilles qu’Il accomplit en Marie ; l’autre confie à Marie nos supplications et nos louanges. C’est ce que nous exprimons dans l’Ave Maria.

La dévotion à Marie passe souvent par des gestes très simples, dont se gaussent parfois les esprits forts, comme si cette piété populaire ne pouvait pas être l’expression d’un amour véritable. Marie est la mère de nos familles : honorons-la comme telle, et n’hésitons pas à lui confier sans cesse nos joies et nos soucis. En effet, soyons-en sûrs, « aucun de ceux qui ont eu recours à sa protection n’a été abandonné ».

Elle ne nous trompera jamais, ne nous fera jamais défaut, et s’effacera toujours pour laisser toute la place aux trois Personnes divines. Telle est la dimension de gracieuse de Marie !

A nous de l’imiter. Nous avons un mois pour cela !

Votre Chanoine